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Colombie en famille : un mois de road trip entre villages colorés et parapente au-dessus du canyon du Chicamocha

10 avril 2026
Colombie en famille

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Hello, Hello,

Mitra, son mari Yann et leurs trois enfants — Luna (13 ans), Tiago (10 ans) et Noam (6 ans) — ont passé un mois en Colombie entre juin et juillet 2025, dans le cadre de leur tour du monde d’un an. Ils arrivaient du Mexique et sont repartis vers la Bolivie. Entre les deux : une boucle à travers le pays, entièrement en bus — 52 heures au total — de Medellín à Cartagène, en passant par des villages de l’intérieur, des fincas de café, un canyon vertigineux et la côte Caraïbe.

Mitra a construit leur itinéraire en s’appuyant sur les retours d’autres familles tour-du-mondistes croisées sur Instagram, en choisissant un aéroport d’arrivée, un aéroport de départ, et en reliant les étapes entre les deux.

Le parti pris : privilégier les petits villages plutôt que les grandes villes.

 

Guatapé : le déclic colombien

La famille atterrit à Medellín et file directement en taxi vers Guatapé, un village à l’est de la ville. Ils arrivent sous une pluie battante — un classique de leur tour du monde : chaque jour de transfert ou presque, il pleuvait. Le lendemain, quand le ciel se dégage, Guatapé se révèle. Un village saturé de couleurs, de musique, de sourires. Mitra raconte que l’image qu’ils s’étaient faite du Mexique, c’est finalement en Colombie qu’ils l’ont trouvée. Deux jours sur place, le temps de se poser et de prendre la mesure du pays.

 

Medellín et la Comuna 13

Retour à Medellín pour deux nuits, avec un objectif précis : visiter la Comuna 13. Cet ancien quartier gangréné par les cartels de drogue a été complètement transformé. Les jeunes s’y sont reconstruits autour de la musique et de l’art. Les murs sont couverts de fresques, les rues vibrent. La famille fait la visite avec Jairo, un guide local qui vivait dans ce quartier quand il avait 8 ans, à l’époque où les trafiquants en ont été chassés. Medellín reste une grande ville où il faut rester vigilant — téléphone dans la poche, attention aux sacs — mais la Comuna 13 vaut le détour.

 

Jardín : chevaux à claquettes et téléphérique artisanal

Quatre nuits à Jardín, un village typique organisé autour d’une grande place bordée de restaurants, avec une église au centre. Des tables et des chaises partout, des chevaux dans les rues qui font le paso fino — une démarche particulière, propre à la Colombie, où le cheval avance comme s’il portait des claquettes, sur la pointe des fers. La famille se balade, prend son temps. Mitra monte dans un téléphérique artisanal — une boîte de conserve accrochée à un fil qui traverse la vallée. Elle qui a le vertige a pris sur elle. De l’autre côté, la descente dans la vallée jusqu’à Jardín, au milieu d’un paysage vert et vallonné.

 

Salento : les palmiers de cire de la vallée de la Carbonera

Quatre nuits à Salento. Le temps fort : une journée dans la vallée de la Carbonera avec Daniel, un guide francophone trouvé par le réseau tour-du-mondiste. Pour y accéder, il faut deux heures de jeep sur un chemin chaotique — la seule route qui traverse l’ouest du pays, celle que les habitants devraient emprunter si le volcan entrait en éruption. La famille s’installe à l’arrière du pick-up, fait des stops en route pour admirer les points de vue.

Au bout du chemin, les palmiers de cire. L’espèce la plus haute du monde — jusqu’à 65 mètres — et on ne les trouve que dans cette région de Colombie. Très fins, un aspect qui rappelle la cire de bougie, en voie d’extinction. La journée se termine par un déjeuner sur place et une remontée tranquille. Une balade nature, tout simplement.

À Salento aussi, la famille visite une finca de café — découverte du processus de fabrication et dégustation du café colombien. Et un passage par Filandia, le village qui a inspiré le film Encanto. Longue file d’attente pour les photos avec les décors du film (qu’ils n’ont pas faite), de belles vues, un bon resto.

 

Armenia : le Parque del Café

Deux nuits à Armenia, à une heure de Salento. L’objectif : le Parque del Café, un parc d’attractions de taille modeste, sans grosses attractions, mais pensé pour les familles. Une journée entière sur place. Les enfants étaient ravis — après des semaines de marche et de bus, varier les plaisirs fait du bien.

 

Villa de Leyva : peinture à la terre et boulangerie retrouvée

Pour rejoindre Villa de Leyva depuis Armenia, la famille prend un bus de nuit jusqu’à Bogota (arrivée vers 5 h du matin), puis enchaîne directement sur un bus pour Villa de Leyva — arrivée à 9 h. Bogota, ils n’y passeront pas de temps : trop grande ville, pas dans leur logique de voyage.

Villa de Leyva est différente de tout ce qu’ils ont vu avant.

Une grande place pavée de pierre, des bâtiments blancs aux toits marron. Beaucoup moins coloré que le reste de la Colombie, mais avec un charme à part — un village qui semble figé dans le temps. Trois nuits sur place. Ils font un atelier de peinture avec de la terre locale de différentes couleurs, réduite en poudre. Chacun peint son propre magnet, 2 à 3 heures d’atelier. Des souvenirs faciles à glisser dans un sac. Et Mitra découvre une boulangerie — après dix mois de tour du monde, retrouver du bon pain, c’était presque un événement.

 

Barichara : le coup de coeur colombien

Pour arriver à Barichara depuis Villa de Leyva, il faut trois bus — 1 h 30 plus 4 h 30 plus un taxi. Mais ça vaut le détour. C’est le coup de coeur du voyage.

La famille est accueillie par un couple de personnes âgées qui leur louent leur maison — une location atypique avec un patio ouvert sur le ciel, où la pluie entre dans la cuisine quand il pleut, et une machine à laver manuelle qu’il faut remplir d’eau soi-même et vider avec un tuyau au milieu du salon. Mitra a dû rappeler la propriétaire pour qu’elle lui réexplique le fonctionnement. Cinq à six nuits dans cette ville aux gros pavés, aux façades de pierre, aux restaurants tous meilleurs les uns que les autres — dont un burger mémorable chez Gringo by Mike’s.

Parapente au-dessus du canyon du Chicamocha

Le moment fort du voyage. Toute la famille s’envole en parapente au-dessus du canyon du Chicamocha, le deuxième plus grand canyon du monde après le Grand Canyon — mais beaucoup plus vert, beaucoup moins aride. Les enfants passent en premier parce que la météo le permet et qu’ils sont plus légers. Mitra les regarde décoller depuis le sol. Elle pleure. La femme du moniteur lui dit de ne pas avoir peur. Ce n’est pas de la peur, c’est l’émotion de voir ses trois enfants partir dans le ciel, l’un après l’autre — le plus petit a 6 ans. Vingt à trente minutes de vol. Yann, lui, reste en l’air 45 minutes parce que le vent l’empêche d’atterrir sur la bonne piste. L’équipe de Sergio est rodée : trois pistes différentes selon les conditions météo, un minivan pour récupérer ceux qui atterrissent plus bas.

Mitra, qui a le vertige, appréhendait. Mais le parapente, ce n’est pas le saut à l’élastique — on quitte le sol en douceur, sans retombée. Et la vue sur le canyon est immense.

La marche jusqu’à Guané

Autre journée marquante : six kilomètres à pied de Barichara jusqu’à Guané, un minuscule village hors du temps, des maisons en pierre, très peu de tourisme. Il fait très chaud. La famille fait des pauses, boit des granités — leur boisson fétiche du voyage. Deux heures de marche dans des chemins au milieu de la verdure. Arrivés à Guané, ils se posent, et reprennent un colectivo — un petit bus sans horaire fixe — pour rentrer à Barichara.

Le dernier jour, c’est l’anniversaire de Tiago — 11 ans le 3 juillet. La famille s’offre une journée piscine et jacuzzi dans un hôtel avec un pass à la journée. Un moment de pause pour marquer le coup.

 

Minca : la cabane dans les arbres

Après Barichara, treize heures de bus de nuit jusqu’à Santa Marta, sur la côte Caraïbe. Un arrêt pour déjeuner avec des amis de leur commune qu’ils n’avaient pas vus depuis un an — retrouvés par hasard à cet endroit précis. Puis montée dans les hauteurs de Minca, trois nuits dans un chalet en bois perché dans la végétation. Cinq chalets séparés les uns des autres, un bar en haut avec vue sur Minca, un feu en extérieur, un barman qui prépare des cocktails. Une cabane dans les arbres, en somme.

Le matin, il fait beau. L’après-midi, il pleut — c’est le rythme de Minca. La famille visite une finca de café — cette fois en anglais, Mitra traduit pour le plus jeune. Pour s’y rendre, ils prennent trois moto-taxis qui les montent jusqu’à la finca, et redescendent à pied à travers la campagne. C’est sur ce chemin qu’ils tombent sur une famille d’Aix-en-Provence que leurs amis n’arrêtaient pas de croiser — le monde est petit, même en Colombie. Ils les reverront à Cartagène.

 

Cartagène : la fin de parcours

Deux nuits à Cartagène pour clore le mois colombien. La chaleur est écrasante. La famille se concentre sur la vieille ville, le quartier de Getsemaní — pavés, musique dans les rues, petits bars et restos. Ils retrouvent deux familles tour-du-mondistes. Luna se fait coiffer avec les tissus colombiens, un gros noeud et un chignon — souvenir du dernier soir. Mitra reconnaît qu’ils sont peut-être passés un peu à côté de Cartagène, en n’y restant que deux nuits. Mais le choix était assumé : les petits villages plutôt que les grandes villes.

Le 8 juillet, premier avion vers Bogota, puis direction la Bolivie.

 

Guide pratique

  • Heures de vol depuis Paris : environ 11 h (vol direct)
  • Décalage horaire : – 6 h
  • Meilleure période : décembre à mars (saison sèche) et juillet-août. Éviter mai-juin sur la côte Caraïbe (pluies fréquentes). La famille y était en juin-juillet et a eu de la pluie régulièrement
  • Formalités : pas de visa pour les Français (séjour max 90 jours). Passeport valide 6 mois après la date de retour. Remplir le formulaire Check-Mig en ligne entre 72 h et 1 h avant le vol
  • Santé : antimoustique indispensable, surtout sur la côte nord (à acheter sur place, les antimoustiques français ne suffisent pas). Pas de souci d’altitude sur cet itinéraire
  • Sécurité : vigilance dans les grandes villes (Medellín, Bogota, Cartagène). Ranger son téléphone, attention aux vols à l’arraché en scooter, bien choisir son quartier pour se loger
  • Transports : tout est faisable en bus, mais les trajets sont longs et les routes parfois chaotiques (éboulements possibles en saison des pluies). Réserver ses billets à l’avance. Climatisation forte dans les bus de nuit, prévoir de quoi se couvrir
  • Budget : gamme moyenne. Le vol depuis la France sera le poste le plus cher. Sur place, les restaurants et hébergements restent accessibles
  • Hébergements préférés de la famille : Casa del Mono à Minca (cabane dans les arbres) et leur logement chez l’habitant à Barichara
  • Restaurant recommandé : Gringo by Mike’s à Barichara
  • Spécialités : haricots blancs, banane dans les plats, michelada (bière, citron, sel)
  • Activité incontournable avec des enfants : le vol en parapente au-dessus du canyon du Chicamocha à Barichara

 

FAQ

Combien de temps faut-il pour visiter la Colombie en famille ?

Un mois permet de faire une boucle complète entre l’intérieur du pays et la côte Caraïbe. Avec trois semaines, il faudra choisir entre les villages de l’intérieur (Jardín, Salento, Barichara, Villa de Leyva) et la côte nord (Minca, Cartagène). Les déplacements en bus sont longs — il faut les intégrer dans le planning.

Peut-on faire un road trip en Colombie uniquement en bus avec des enfants ?

Oui. La famille a fait 52 heures de bus sur un mois, avec trois enfants de 6, 10 et 13 ans. Il faut réserver ses places à l’avance, prévoir de quoi occuper les enfants pendant les longs trajets, et se couvrir pour les bus de nuit climatisés. Les routes sont parfois chaotiques, avec des éboulements possibles en période de pluie.

Est-ce que la Colombie est sûre pour un voyage en famille ?

Dans les petits villages de l’intérieur (Jardín, Salento, Barichara, Villa de Leyva, Minca), la famille s’est sentie en sécurité et très bien accueillie. Dans les grandes villes (Medellín, Bogota, Cartagène), il faut être vigilant : ranger son téléphone, faire attention aux sacs, choisir son quartier d’hébergement avec soin. Les vols à l’arraché en scooter existent.

Peut-on faire du parapente avec des enfants en Colombie ?

Oui, c’est possible dès 6 ans à Barichara, au-dessus du canyon du Chicamocha. Les enfants volent en tandem avec un moniteur. Le décollage est doux — ce n’est pas un saut dans le vide. Compter 20 à 30 minutes de vol, avec une vue sur le deuxième plus grand canyon du monde. L’équipe dispose de trois pistes d’atterrissage selon les conditions météo.

Quels sont les plus beaux villages de Colombie à visiter en famille ?

Barichara (pavés, pierre, restaurants, parapente), Jardín (couleurs, paso fino, téléphérique), Salento (palmiers de cire, fincas de café), Villa de Leyva (architecture coloniale blanche, ateliers), Guatapé (façades colorées). Ce sont des villages à taille humaine, accessibles avec des enfants, où le rythme permet de se poser plusieurs jours.

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À bientôt, pour un nouvel épisode.

D’ici là, prenez soin de vous, inspirez-vous et créez-vous de chouettes souvenirs en famille !

Stéphanie
Crédit music : Luk & Jo  / Montage : Alice Krief

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