Hello, Hello,
Fiona a 29 ans, elle est maman solo de deux garçons — Gabriel, 5 ans, et Archibald, pas encore 4 ans au moment du voyage. Elle est auxiliaire de puériculture en maternité et photographe périnatale. Avant ce voyage, elle n’était jamais partie seule avec ses deux enfants aussi loin. Ses premières vacances à trois, c’était le ski — tout le monde lui avait dit qu’elle était folle. Ça s’était bien passé. Alors cet été-là, fin juillet, elle décide de partir douze jours à La Réunion.
Pourquoi La Réunion ? Parce que ça reste la France — pas de barrière de langue, pas de visa, code de la route familier. Parce qu’il n’y a que deux heures de décalage horaire, un point qui compte avec des enfants en bas âge. Et parce que Fiona connaissait déjà l’île — elle y était allée plus jeune avec sa mère, puis avec le père des enfants. Dernier filet de sécurité : des amis proches de sa mère vivent sur place.
Elle loue un appartement à La Saline-les-Bains, près du lagon, et une voiture pour se déplacer.
L’arrivée : premier bain et premières courses
Onze heures de vol toute seule avec les deux petits — la plus grosse angoisse de Fiona. Elle les a tellement briefés en amont que tout se passe bien. Ils atterrissent à 6 h du matin. La récupération de la voiture de location est longue, les enfants n’en peuvent plus. Puis une heure de route jusqu’à La Saline-les-Bains. Sur la nouvelle route qui longe l’océan, ils comptent les bateaux et scrutent l’horizon en espérant apercevoir des baleines — c’est le début de la saison, mais pas encore le bon moment.
Arrivés à l’appartement, Fiona pose les valises, enfile les maillots de bain et file au lagon. Brunch sur la plage, première baignade. Après, direction le supermarché réunionnais — les prix sont un choc. Pour les fruits et légumes, ils iront plutôt au marché. Le soir, tout le monde se couche tôt. En hiver austral, la nuit tombe vers 16 h 30-17 h, et avec le décalage de deux heures, les enfants s’endorment sans résistance.
Le vent se lève : aquarium et Kélonia
Le lendemain, Fiona prévoit une journée masques et poissons dans le lagon. Sauf que le vent souffle en rafales. Impossible de rester sur la plage — le sable fouette, les serviettes s’envolent. Ils se rabattent sur l’aquarium de Saint-Gilles, où ils découvrent un spectacle de sirène dans le bassin des requins. Les trois sont émerveillés. Après l’aquarium, ils se baladent dans Saint-Gilles — un petit port, des cases colorées, des boutiques. Le soir, retour à l’appartement : puisqu’ils ont vu une sirène, Fiona met La Petite Sirène. Les garçons ne l’avaient jamais vue.
Le jour suivant, même scénario : le vent ne faiblit pas. Fiona tente le lagon, renonce, et emmène les enfants à Kélonia — le centre de soins pour tortues marines. Des tortues blessées sont soignées avant d’être relâchées en mer. L’une d’elles a perdu une nageoire et restera là toute sa vie. Il y a des films, des activités autour de la pollution marine, des bassins en extérieur. La visite dure environ deux heures et Fiona la recommande comme activité à faire absolument avec des enfants.
En redescendant, ils s’arrêtent sur une plage de galets déserte, face à l’océan déchaîné. Pas question de se baigner — les rouleaux sont énormes, le courant visible. Ils cherchent des trésors : crabes, coquillages. À un moment, tous les trois s’assoient sur un bout de bois échoué et regardent la mer sans rien dire.
Le lagon retrouvé
Le vent finit par tomber. Fiona passe une journée entière au lagon avec les garçons — château de sable, bouchons et acras sur la plage, masques pour aller voir les poissons. Gabriel veut y aller, mais Archibald refuse. Le problème quand on est seule avec deux enfants : l’un veut plonger, l’autre non. Fiona demande à une famille voisine de garder un œil sur Archibald pendant qu’elle emmène Gabriel voir les poissons. Dix minutes, pas plus — Archibald est un peu sauvage avec les gens qu’il ne connaît pas. Ça se passe bien. Archibald, lui, trempe les pieds, remplit ses seaux, mais ne va pas plus loin.
Mamita débarque
Le lendemain, la mère de Fiona les rejoint. Elle est hôtesse de l’air chez Air France et a demandé un vol pour La Réunion pendant leur séjour. Fiona prépare la surprise : le matin, elle dit aux garçons qu’ils vont prendre le petit-déjeuner dans un hôtel. En arrivant, Gabriel et Archibald voient leur grand-mère en tenue d’hôtesse, entourée de son équipage. « Mamita ! » Petit-déjeuner tous ensemble, les collègues qui s’attendrissent devant les petits-fils.
Pendant deux jours, ils ne font rien d’autre que le lagon et la piscine de l’hôtel. C’est là qu’Archibald accepte enfin d’aller dans l’eau du lagon — il fallait sa grand-mère pour le convaincre. Il reste plus d’une demi-heure avec elle. Après, il en redemande. Il commence même à nager sans brassards — à La Réunion, pas à la piscine municipale. Tous les quatre vont voir les poissons ensemble, comparent ce qu’ils ont vu sous l’eau. Un petit marché, du lagon, encore du lagon.
Un dôme au milieu des cannes à sucre
Après le départ de sa mère, Fiona emmène les garçons dormir dans un dôme trouvé sur Instagram, vers Le Tampon, dans les terres. Un dôme avec la moitié du toit en vitres — vue sur l’océan, les cannes à sucre, les étoiles. Quatre ou cinq dômes au total, à taille humaine. Des trampolines, du ping-pong, des jeux de quilles pour les enfants. Fiona peut lire dans un transat pendant qu’ils jouent.
Le soir, rougail saucisse dans un petit resto bord de route. Retour au dôme dans la nuit noire. Gabriel veut préparer le petit-déjeuner — il prend les choses en main. La dame du lieu apporte un panier avec des fruits locaux et du chocolat chaud. Petit-déjeuner face à l’océan, jumelles en main pour chercher des baleines. Toujours rien.
Dans la nuit, le vent fait craquer les arbres, les palmiers caressent la toile du dôme, la pluie se met à tomber. Les enfants dorment. Fiona, elle, se laisse bercer.
Le van sur le volcan
L’idée : louer un van pour dormir sur le volcan, puis en bord d’océan le lendemain. En réalité, c’est un camion avec une tente de toit, loué à un particulier qui l’utilise pour ses planches de surf. Les amis de sa mère la préviennent : c’est l’hiver austral, il fait froid là-haut. Le loueur dit que tout ira bien. Fiona y va quand même, mais passe acheter des polaires et prend les duvets que les amis lui donnent.
Elle monte au volcan, trouve un spot, se gare à côté de quelques autres véhicules. Déplie la tente. Il fait beau, elle est en débardeur. Puis les nuages arrivent, le vent se lève. À 17 h, nuit noire, tous les autres véhicules sont partis. Fiona se retrouve seule avec les garçons en haut du volcan. Jeux de société dans le van, dîner à 18 h 30, coucher à 19 h. Elle lance un dessin animé sur la tablette — impossible de l’entendre tellement le vent souffle. Les enfants ont peur. Elle leur dit qu’on se croirait sur un bateau.
Ils finissent par s’endormir. Fiona, non. Il fait froid, les enfants se découvrent, elle les recouvre en boucle. Des rafales secouent le camion, la tente n’est plus étanche, le matelas est imbibé d’eau. À 4 h du matin, elle descend tout le monde dans la cabine, allume le moteur et pousse le chauffage à fond en accélérant pour ne pas vider la batterie.
À 7 h, elle sort plier la tente. Deux degrés, doigts gelés, tente trempée sur un camion trop haut. Une heure pour y arriver. Elle rentre dans le camion au bord des larmes. Les garçons la regardent. Elle appelle le loueur et rend le véhicule.
Problème : elle n’a plus d’hébergement pour cette nuit-là. Elle file chez les amis de sa mère, qui la voient arriver et éclatent de rire. Ils lui prêtent leur maison, la douche chaude, la piscine. Le soir, ils lui font à manger.
Les derniers jours : sable noir, savane et hélicoptère
Les jours suivants, Fiona récupère une chambre d’hôtel sur le lagon qu’elle avait réservée pour la fin du séjour. Lagon, piscine, marchés. Sur les marchés, les enfants découvrent des fruits qu’ils n’ont jamais vus, et les commerçants prennent le temps de leur expliquer.
Un soir, ils vont voir le coucher de soleil sur la plage de sable noir de l’Étang-Salé. Fiona a réservé un photographe pour immortaliser le moment. Les garçons sont assis sur leurs serviettes, regardent le ciel changer de couleur. Elle décide que désormais, elle prendra un photographe à chaque voyage.
En fin de séjour, une randonnée dans la savane réunionnaise, dans les hauteurs de Saint-Gilles. Un paysage où il ne manque que les girafes et les éléphants, selon Fiona. La rando se termine dans des criques formées par les coulées de lave — des piscines naturelles avec des poissons piégés dedans. Ils ne marchent qu’une heure, la chaleur est forte, mais les enfants avancent avec des bâtons et des cailloux, et ça suffit.
Le dernier jour, vol en hélicoptère. Le pilote, Toto, est un ami de la mère de Fiona. Les enfants l’aident à pousser l’appareil, il leur explique tout. La météo empêche de survoler les cirques et le volcan, mais ils longent la côte — les reliefs vus du ciel restent saisissants. Gabriel et Archibald sont bouche bée.
Guide pratique
- Vol : environ 11 h depuis la métropole
- Décalage horaire : 2 h (en été réunionnais +2 h, en hiver +3 h selon l’heure française)
- Formalités : aucune — La Réunion est un département français, carte d’identité suffisante
- Vaccins : aucun obligatoire mentionné
- Budget : entre 4 000 et 5 000 euros pour 12 jours à trois (billets d’avion, hébergement, voiture, activités, extras). La vie sur place est chère, notamment l’alimentation. Les marchés sont moins chers que les supermarchés pour les fruits et légumes.
- À ne pas oublier : masques intégraux pour le lagon (fonctionnent dès 3 ans en serrant bien), chaussons de mer (coraux), polaires si séjour en altitude ou en hiver austral
- Sécurité : pas de problème signalé, comparable à la métropole. Attention aux panneaux de baignade interdite en dehors du lagon (requins).
- Activité recommandée : Kélonia, le centre de soins pour tortues marines (~2 h de visite, adapté aux enfants)
- Spécialités : rougail saucisse, curry poulet, curry crevettes
- Hébergement préféré : le dôme (trouvé sur Instagram, vers Le Tampon)
FAQ
Peut-on voyager seule à La Réunion avec des enfants en bas âge ? La Réunion est un département français — pas de barrière de la langue, pas de visa, code de la route identique à la métropole. Le décalage horaire n’est que de deux heures, ce qui limite l’impact sur le sommeil des petits. Avec une voiture de location et un hébergement près du lagon, une maman seule avec deux enfants de 3 et 5 ans y a passé douze jours sans difficulté majeure.
Le lagon de La Réunion est-il adapté aux jeunes enfants ? Le lagon de La Saline-les-Bains est peu profond, sans vagues, avec du poisson visible au masque. Il faut prévoir des chaussons de mer à cause des coraux et du sable grossier. Des masques intégraux fonctionnent dès 3 ans environ. La barrière de corail protège du courant et des requins.
Quelles activités faire à La Réunion avec des enfants de 3 à 6 ans ? Le lagon (baignade, masques, poissons), Kélonia — le centre de soins pour tortues marines, l’aquarium de Saint-Gilles, les marchés locaux, les randonnées courtes dans la savane réunionnaise avec piscines naturelles en bord de mer, et les nuits insolites (dôme). Un survol en hélicoptère est possible avec des enfants.
Fait-il froid à La Réunion en juillet-août ? En juillet-août, c’est l’hiver austral. Sur la côte et au niveau du lagon, les températures restent agréables en journée. En altitude — notamment sur le piton de la Fournaise — il peut faire très froid la nuit, jusqu’à 2 degrés. Prévoir des polaires et des vêtements chauds si vous montez dans les terres.
Quel budget pour 12 jours à La Réunion en famille ? Pour une maman et deux enfants, 12 jours à La Réunion ont coûté entre 4 000 et 5 000 euros, billets d’avion compris. Le poste le plus élevé est le vol. L’alimentation sur place est chère, surtout en supermarché. Les marchés locaux sont une alternative plus économique pour les fruits et légumes.
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Stéphanie
Crédit music : Luk & Jo / Montage : Alice Krief









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