Hello, Hello,
Véronique, son mari Wulfranc et leurs quatre enfants — Auguste (16 ans), Apollinaire (14 ans), Achille (11 ans) et Capucine (8 ans) — ont passé 15 jours aux Açores pendant les vacances de Pâques 2023. C’est Wulfranc qui a choisi la destination. Il aime les îles, la nature, les endroits où tout le monde ne va pas. Véronique a pris le relais pour construire l’itinéraire, fouiller les blogs, organiser les étapes. Leur plan : visiter 5 des 9 îles de l’archipel, en sautant de l’une à l’autre en avion et en bateau, avec une voiture de location sur chaque île.
L’archipel des Açores est posé au milieu de l’Atlantique, à environ 5 à 6 heures de vol depuis l’Europe, avec une escale à Lisbonne. La famille voyageait hors saison. Peu de touristes, pas mal de choses fermées, une météo changeante — mais une tranquillité qu’ils n’ont retrouvée sur aucune autre île.
Un départ contrarié : 48 heures bloqués à Lisbonne
Le voyage commence mal. En arrivant à l’aéroport de Bruxelles, la famille apprend que leur vol est annulé. Ils sont redirigés vers Lisbonne, mais une fois sur place, plus aucun vol disponible pour les Açores. Deux nuits d’attente à Lisbonne, et une arrivée à Terceira le lundi au lieu du samedi. Le séjour sur cette première île, prévu pour trois nuits, se retrouve réduit à une seule. La suite de l’itinéraire ne bouge pas — tout le reste du périple est calé.
Terceira : 24 heures en mode express
La famille pose ses valises du côté d’Angra do Heroísmo, dans un appartement trouvé en dernière minute — un logement simple, un peu dortoir, les six dans la même pièce. Une nuit, pas plus. Dès les bagages déposés, ils prennent la voiture et partent sillonner l’île.
Terceira donne le ton. Sur les petites routes, la sensation est étrange : des prairies d’un vert très vif, des vaches partout, une impression de Suisse. Et tout autour, la mer. La végétation mélange sapins et plantes plus exotiques — un paysage familier et dépaysant à la fois, avec un ciel souvent chargé.
Angra do Heroísmo est une ville aux maisons blanches qui prend la lumière dès qu’un rayon de soleil perce. Un fort militaire sur les hauteurs offre une vue sur l’île. La famille se balade, découvre la ville, mais les randonnées prévues ne seront pas faites — le temps manque. Véronique estime que trois jours auraient été justes pour découvrir Terceira tranquillement.
Faial : la rando de la caldeira et les graffitis des navigateurs
Depuis Terceira, la famille prend un avion pour Faial, une des petites îles de l’archipel — plus volcanique, plus escarpée que la précédente. Une seule nuit sur place, mais un objectif clair : la randonnée autour de la caldeira, le cratère du volcan de l’île.
La boucle prend environ 2 h 30 pour des marcheurs rapides. La famille, elle, met 3 heures avec un pique-nique au sommet. La vue plonge dans l’intérieur du cratère, profond, et s’ouvre sur Pico et son volcan en face. Par temps dégagé, on aperçoit aussi São Jorge au loin. Ce jour-là, c’est bouché — mais Pico est bien visible.
Avant de quitter Faial, la famille passe par le port. Le long de la digue, des graffitis laissés par les navigateurs de passage — les Açores sont un point d’arrêt pour les bateaux qui traversent l’Atlantique. Chaque équipage marque son passage. Des couleurs, des noms, des dates. Un clin d’œil à l’histoire maritime de l’archipel.
Pico : lave noire, vignes et couloir souterrain
De Faial à Pico, la traversée se fait en bateau — une petite heure. Les enfants apprécient : un voyage dans le voyage. La famille reste trois nuits sur Pico, et le changement de décor est net.
Pico est une île noire. La dernière éruption date de 1957, et la lave a façonné le paysage. Des vignes sont plantées dans la roche volcanique, délimitées par des murets de pierre sombre. Des petits moulins rouges se détachent sur le noir de la lave. Véronique décrit l’ensemble comme « très Instagrammable ».
La famille loge dans un petit village reculé, du côté de Retiro dos Bonsinais — une maison en pierre de lave aux volets rouges, avec vue sur le volcan Pico qui culmine à plus de 2 300 mètres. L’ascension n’est pas au programme : Véronique estime que Capucine, 8 ans, aurait eu du mal avec le dénivelé.
À la place, la famille enchaîne les randonnées — deux ou trois balisées, et beaucoup de balades libres dans les vignes et le long de la côte, sur les sentiers empruntés par les tracteurs des viticulteurs. Ils visitent aussi une grotte volcanique avec casques obligatoires — stalactites, stalagmites, et surtout un couloir de lave où l’on marche là où les coulées passaient. Pour les enfants, ça percute avec les cours de géographie. Pour les adultes aussi.
Sur la côte, l’eau de mer s’engouffre dans des gouffres rocheux et crée des sortes de geysers naturels. Les garçons, eux, emportent leur canne à pêche. Pas de prise, mais l’intention est là.
Et du vin. On est sur une île viticole. Wulfranc ne s’est pas fait prier pour aller goûter ! Dernier truc cool, ils ont visité le musée de la baleine.
São Jorge : les faras et le bout du monde
Le bateau relie Pico à São Jorge. La famille y passe trois nuits, installée dans la Fara dos Vilmes, une de ces langues de terre hautes et escarpées qui tombent dans la mer — le paysage signature de l’île.
Le logement est un peu en hauteur, avec vue sur la fara et la mer. Pour y arriver, il faut emprunter des routes de montagne qui tournicotent. Véronique note que prendre un logement central sur São Jorge peut être trompeur : ce qui semble central sur une carte implique quand même pas mal de route pour rejoindre les points d’intérêt. Un logement sur les hauteurs serait peut-être plus pratique pour sillonner l’île. Mais la vue compense.
São Jorge, c’est l’île de la randonnée. Les sentiers sont bien balisés, faciles à suivre, et la famille croise très peu de monde. Chaque fara offre un paysage différent, une sensation de bout du monde à chaque fois. Les randonnées durent 3 à 4 heures maximum — au-delà, le radar des enfants se déclenche. La petite carotte à l’arrivée — un resto, une activité — aide à maintenir la motivation.
Les garçons sortent leur canne à pêche dès qu’une rando longe le bord de mer. Toujours rien. Mais les pauses sont l’occasion de faire des ricochets, des sculptures en galets, des concours de lancers. Un rien suffit.
La météo reste mitigée. Les nuages s’accrochent aux sommets et le temps change d’un côté de l’île à l’autre. La famille apprend à jongler avec les caméras météo disponibles en ligne pour choisir la rando du jour en fonction du ciel. Entre 20 et 25 degrés, pas de maillot de bain, mais les enfants sont en short du matin au soir.
São Miguel : thé, sources chaudes, cachalots et un dauphin
Dernier vol, dernière île. São Miguel est la grande île de l’archipel — celle des photos Instagram, celle où l’on peut passer une semaine sans aller voir les autres. La famille y reste cinq nuits.
Plantation de thé et geysers de soufre
São Miguel a des plantations de thé — un paysage qu’on imaginerait en Asie, pas au milieu de l’Atlantique. Le climat doux et tempéré convient au théier, et le thé produit sur place est bon. La visite plaît aux enfants.
Du côté de Furnas, des geysers de soufre sortent du sol. Un côté un peu futuriste, une odeur particulière, et des balades tout autour. Pour les enfants, voir le soufre jaillir, c’est concret et amusant.
Terra Nostra : la piscine à 37 degrés
Le coup de cœur de São Miguel. Le parc Terra Nostra abrite une grande piscine d’eau ferrugineuse — couleur rouille, chauffée naturellement par l’activité volcanique de l’île, à 37 degrés. On ne voit pas ses pieds, mais l’eau est chaude, et quand il pleut ou que le temps est frais, l’expérience est encore meilleure.
La famille y reste plusieurs heures. Véronique conseille d’arriver tôt : les cabines pour se changer sont peu nombreuses et le site attire du monde. Le parc lui-même s’étend sur plusieurs hectares — des ruisseaux d’eau ferrugineuse, des arbres exotiques, des fougères arborescentes. Une sortie que Véronique place en numéro 1 sur São Miguel.
Sete Cidades : le revers du succès Instagram
Les deux lacs de Sete Cidades sont le spot le plus photographié des Açores. La famille s’y rend et constate : parkings pleins, cars de touristes, files pour la photo. Après des jours passés sur des îles quasi désertes, le contraste est rude.
Mais il suffit de s’écarter. Les gens restent groupés sur le point de vue, prennent leur photo et repartent. La famille, elle, part marcher autour des lacs. En quelques minutes, plus personne. Les randonnées le long des lacs sont belles, tranquilles, et offrent des angles que le spot Instagram ne montre pas.
La sortie cachalots — et le mal de mer
Véronique est peintre animalier. Fan de baleines. Cette sortie d’observation, elle la programmait d’abord pour elle. Annulée à Pico pour cause de mauvais temps, elle est reprogrammée à São Miguel.
Le temps n’est pas idéal, mais la famille embarque. Des dauphins, puis des cachalots — une famille entière, observée de près. Les enfants se régalent. Véronique, elle, est malade comme jamais. Capucine la regarde avec des yeux déconfits. L’apothéose rêvée se transforme en une des pires journées du voyage. Véronique rentre et s’effondre au lit pour le reste de l’après-midi.
Le sauvetage du dauphin
Pendant que Véronique dort, Wulfranc part se balader avec les quatre enfants le long de la plage, juste à côté de la maison. Au retour, Apollinaire aperçoit un dauphin échoué sur les galets — environ 1 m 50, quelques éraflures, bien vivant mais incapable de retourner à l’eau.
Wulfranc enlève son pantalon — il n’est pas en maillot — et entre dans l’eau en caleçon pour tenter de porter le dauphin vers les vagues. L’animal est lourd, inerte, glissant. Les vagues le ramènent à chaque tentative. Les enfants restent à distance — un coup de queue est vite arrivé. Le sauvetage dure un bon quart d’heure, peut-être une demi-heure. Puis un bon créneau se présente : pas de vague, suffisamment de profondeur. Le dauphin repart.
Capucine raconte ensuite que le dauphin a fait un saut hors de l’eau pour dire merci. Les enfants rentrent à la maison dans une effervescence totale. Chacun veut raconter en premier. Les propriétaires du logement disent n’avoir jamais vu ça.
Si Véronique n’avait pas été au fond du lit, la famille n’aurait pas été sur cette plage à ce moment-là.
Les enfants aux Açores
Pour les trois plus jeunes, tout est émerveillement. Les paysages, les randonnées, les bateaux entre les îles — chaque journée apporte quelque chose de nouveau. Le couloir de lave à Pico et le sauvetage du dauphin à São Miguel sont les deux moments qui reviennent quand ils en parlent. Les garçons traînent leur canne à pêche partout, sans jamais rien attraper. Capucine, 8 ans, suit le rythme sans broncher.
Auguste, l’aîné, est plus discret dans ses enthousiasmes — l’âge, probablement. Mais le côté exploration, la grotte, le couloir de lave, ça reste « assez stylé » selon ses critères.
Chacun porte son sac à dos. Chacun prépare son sandwich. Véronique insiste : les enfants participent, c’est non négociable.
Guide pratique
- Heures de vol : 5 à 6 h depuis la Belgique ou la France, avec escale à Lisbonne
- Décalage horaire : – 2 h
- Formalités : aucune, les Açores font partie du Portugal (Europe)
- Santé : rien de particulier
- Sécurité : aucun souci, la famille se sentait en sécurité totale sur toutes les îles
- Budget : environ 4 000 à 4 500 euros pour 15 jours à 6, incluant vols, locations de voiture sur chaque île, logements et sorties. Beaucoup de randonnées gratuites, peu de restaurants (beaucoup fermés hors saison), cuisine dans les logements
- À ne pas oublier : bonnes chaussures de rando, k-way (indispensable), affaires chaudes pour le soir, jeux de cartes / jeux de société
- Hébergement préféré : la maison en pierre de lave à Pico, du côté de Retiro dos Bonsinais, avec vue sur le volcan
- Activité à faire absolument : la sortie observation de baleines/cachalots (agences à Pico et São Miguel) et le parc Terra Nostra à São Miguel
- Déplacements inter-îles : avions et bateaux selon les liaisons. Presque chaque île a un aéroport. Location de voiture sur chaque île
FAQ
Combien de temps faut-il pour visiter les Açores en famille ?
Quinze jours permettent de visiter 5 des 9 îles de l’archipel, en alternant avion et bateau entre les étapes. C’est un rythme soutenu — compter 1 à 5 nuits par île selon sa taille. Avec une semaine, São Miguel seule offre déjà suffisamment de randonnées, de sources chaudes et de sorties nature pour occuper toute la famille.
Les Açores sont-elles adaptées aux enfants ?
L’archipel est une destination nature par excellence. Les randonnées sont accessibles et bien balisées. Les enfants peuvent marcher dans des couloirs de lave, observer des cachalots, se baigner dans des piscines d’eau chaude naturelle. Hors saison, le calme est total. Il faut aimer marcher et ne pas chercher les parcs d’attractions.
Quelle est la meilleure période pour aller aux Açores en famille ?
L’été est la saison la plus touristique, avec davantage d’activités ouvertes et un temps plus stable. À Pâques, la météo est changeante — entre 20 et 25 degrés, du vent, de la pluie par intermittence — mais il y a très peu de monde et les paysages sont d’un vert éclatant. Prévoir k-way et bonnes chaussures.
Quelle île des Açores choisir pour un premier voyage en famille ?
São Miguel est la plus complète : randonnées, sources chaudes au parc Terra Nostra, geysers de soufre à Furnas, plantations de thé, observation de cétacés. Pico se distingue par ses paysages volcaniques, ses couloirs de lave et ses vignes sur roche noire. São Jorge est la plus sauvage, idéale pour les familles randonneuses.
Peut-on observer des baleines aux Açores avec des enfants ?
Oui, des sorties en bateau sont organisées depuis Pico et São Miguel. Il est possible de voir des dauphins et des cachalots. La sortie dépend de la météo et peut être annulée ou reportée. Prévoir un traitement contre le mal de mer — la houle peut être forte, même par temps correct.
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À bientôt, pour un nouvel épisode.
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Stéphanie
Crédit music : Luk & Jo / Montage : Alice Krief









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