Hello, Hello,
Aujourd’hui, je vous emmène aux Philippines avec Gabrielle, son mari Jean-Philippe et leurs trois enfants de 4, 6 et 8 ans — une famille québécoise d’anciens backpackers qui n’a jamais arrêté de voyager.
Il y a dix ans, Gabrielle a trouvé une plage aux Philippines qu’elle décrit depuis comme la plus belle au monde. Pas de route pour y accéder, pas d’électricité, juste des tentes sur le sable et un message WhatsApp à envoyer pour réserver. Dix ans et trois enfants plus tard, elle y retourne, un peu terrifiée à l’idée d’avoir embelli le souvenir. Mais avant d’y arriver, il faut traverser le Japon — dix jours dans le pays le plus ordonné du monde — puis atterrir dans le joyeux chaos des Philippines, où on dit enfin laisser les enfants crier, et courir comme ils veulent.
Si l’idée de dormir une semaine pieds dans le sable sans électricité pendant que vos enfants trouvent leur plus grand bonheur à sauter en boucle d’un bateau à l’ancre, ça vous parle, vous allez aimer cet épisode.
Dix jours au Japon, en escale choisie
Pourquoi le Japon
Le Japon n’était pas la destination, mais une escale construite sur mesure. Depuis Montréal, un vol direct de 14 heures mène à Tokyo-Narita avec Air Canada. Plutôt que de subir deux ou trois escales pour rejoindre les Philippines — en passant par Chicago, Los Angeles ou ailleurs — la famille a décidé de se fabriquer sa propre halte.
Okinawa, le sud chaud en décembre
Le lendemain de l’arrivée à Tokyo, ils s’envolent vers Okinawa, une île au sud du Japon, à trois ou quatre heures de vol, collée sur Taïwan. En décembre, il y fait encore chaud, contrairement à l’île principale. Gabrielle décrit un dépaysement total — l’impression d’atterrir dans un autre pays. Un choix malin pour une famille qui enchaîne avec l’Asie du Sud-Est et ne veut pas commencer son voyage dans le froid.
Osaka, Kyoto et Nara
Retour ensuite à Osaka, et là, c’est le cadeau d’anniversaire de Gabrielle : le Super Nintendo World d’Universal Studios. Pour ses 40 ans, son mari lui a demandé ce qu’elle voulait. La réponse tenait en deux mots : Super Nintendo et Palawan Camping. Le séjour à Osaka se prolonge avec la visite de Kyoto et les cerfs de Nara, des classiques qu’ils n’avaient pas faits lors de leur premier passage au Japon, où ils n’avaient vu que Tokyo.
Un sas avant les Philippines
Dix jours, c’est peu pour le Japon, et Gabrielle le sait — c’était une escale, pas la destination. Mais le format a un avantage : il permet d’arriver en Asie en douceur. Le Japon, avec son calme, son ordre, sa sécurité absolue, fonctionne comme un sas pour les familles qui voyagent avec de jeunes enfants. Et le contraste avec les Philippines, juste après, n’en est que plus saisissant.
Bohol, dans la jungle
Le choc du contraste
L’arrivée aux Philippines se fait par Cebu, puis transfert direct vers l’île de Bohol. Le contraste avec le Japon est immédiat. On passe d’un pays ultra ordonné, silencieux, où les enfants devaient se tenir sages dans les transports en commun, à un endroit où Gabrielle résume : « Criez, courez, soyez des enfants. »
Fox and Firefly Cottages
Le premier hébergement est au cœur de la jungle, au bord d’une rivière — le Fox and Firefly Cottages. Pas de climatisation, juste des ventilateurs, une chaleur humide et dense.
Tarsiers et Chocolate Hills
La famille fait du paddleboard sur la rivière, prend un tuk-tuk pour aller voir les tarsiers — les plus petits primates au monde — à une heure de route, et découvre les Chocolate Hills, ces formations géologiques naturelles qui ressemblent à des buttes de chocolat. L’accueil philippin marque Gabrielle dès le début. Elle s’en souvenait d’il y a dix ans et retrouve exactement la même chaleur.
Panglao, l’étape qu’ils ne recommandent pas
Panglao est une petite péninsule de Bohol, connue pour la plongée sous-marine. Gabrielle est directe : c’est le seul endroit qu’elle ne recommanderait pas. Trop de touristes, des infrastructures pas adaptées au volume — pas de trottoirs, des rues bondées de motos et de tuk-tuks, une plage mal entretenue avec des véhicules délabrés laissés sur le sable. Ironie du voyage : c’est là qu’ils avaient leur plus bel hébergement. Un lieu magnifique dans lequel ils pouvaient rester sans avoir besoin de sortir, ce qui a sauvé l’étape. Mais le développement touristique a pris de l’avance sur les infrastructures locales.
Palawan Camping, l’île de Gabrielle
Le trajet, une aventure en soi
Depuis Bohol : taxi jusqu’au port, ferry de deux heures vers Cebu, taxi jusqu’à l’aéroport, vol interne d’une heure vers Puerto Princesa, nuit sur place, puis trois heures de van jusqu’à Port Barton, et enfin 45 minutes de bateau. Le bateau, c’est celui du camping — c’est Darren, le capitaine, qui vient chercher les familles. Du départ le matin à l’arrivée, il faut compter plus de 24 heures.
L’endroit, resté intact
Des tentes prospecteurs sur le sable, avec de vrais lits à l’intérieur. Pas d’électricité courante — une génératrice tourne quelques heures le soir pour la cuisine. Pas d’eau chaude — on se lave au seau, ou sous une douche de bambou alimentée par une cascade dans la jungle. Pas de chaussures pendant une semaine. Sept à neuf tentes maximum, trente personnes au plus. Quand la famille de Gabrielle y était, il y avait deux autres couples. C’est tout.
Comment réserver
La réservation se fait par WhatsApp, avec Shiva, la gestionnaire. L’endroit n’est pas sur Booking ni sur aucun site de réservation. Le propriétaire, Toby, un Canadien d’Alberta qui a découvert cette plage par hasard lors d’un voyage en kayak, n’a aucune envie de grossir. Il a le volume qu’il lui faut.
Le quotidien sur l’île
Les journées se construisent au gré des envies. Le matin, petit-déjeuner face à la baie, une partie d’échecs. Ensuite, snorkeling avec Darren et son bateau — on demande à Shiva s’il est disponible, et on y va. Kayak, grimpe sur les rochers au bout de la plage, balade vers une cascade. Les enfants ont trouvé leur activité favorite : nager jusqu’au bateau ancré dans la baie, grimper dessus, sauter, recommencer. Les balançoires géantes installées sur la plage ont fait le reste.
Du resort à l’île déserte : la réaction des enfants
Gabrielle avait une crainte : passer d’un hébergement avec deux piscines à Panglao vers un endroit sans électricité. Mais les enfants n’ont ni tablettes ni habitude d’écran — trop jeunes encore. L’absence de courant ne leur a pas manqué. À ce jour, quand elle leur demande leur endroit préféré aux Philippines, ils répondent Palawan Camping.
Noël sur la plage
La famille a passé Noël sur cette plage. L’anniversaire de Gabrielle tombe le 24 décembre. Les familles philippines qui entretiennent le camping ont organisé leur fête : chaise musicale, saut à la corde, volleyball. Gabrielle et les siens étaient là, intégrés. Un gâteau d’anniversaire fait sur place. Le plancton bioluminescent le soir dans la baie. Au moment de quitter, après six jours, Gabrielle a pleuré sur le bateau. Son mari a dit : on n’attend pas dix ans avant de revenir.
Cebu, trois jours de transition avant le retour
La famille termine aux Philippines avec trois jours dans un resort à Cebu — le Solea Resort. Glissades d’eau, piscine, buffet. Le contraste avec Palawan Camping est brutal. Gabrielle le dit : elle était dégoûtée en arrivant. Mais c’était voulu — un sas de décompression avant le retour, un endroit où les enfants pouvaient s’amuser autrement, et où tout le monde pouvait se reposer. Ils n’ont pas visité Cebu en tant que ville. Puis retour via Tokyo — vols coordonnés pour repartir le même jour — et Montréal.
Ce que les enfants ont retenu
Raphaël, Chloé et Sarah voyagent depuis toujours — leur première virée internationale remonte à l’âge de 4 mois pour l’aîné. Aux Philippines, ce qu’ils ont retenu, ce n’est ni les glissades d’eau du resort ni les tarsiers. C’est Palawan Camping. Les balançoires, le bateau, le sable, les parties d’échecs, la chaise musicale de Noël. Gabrielle note que le passage du Japon aux Philippines a été un soulagement pour eux. Au Japon, il fallait se tenir. Aux Philippines, ils pouvaient être des enfants.
Ce qu’ils n’ont pas fait — et qu’ils recommandent quand même
Donsol et les requins-baleines
Donsol est un site où l’on peut nager avec des requins-baleines en milieu naturel. Les animaux ne sont pas nourris — ils viennent dans cette baie plusieurs mois par an, et les sorties en bateau permettent de s’en approcher et de nager à leurs côtés. Gabrielle décrit l’expérience comme unique au monde, mais elle a estimé que ses enfants n’auraient pas voulu sauter à l’eau à côté d’une bête de dix mètres. L’endroit reste sur sa liste pour un prochain voyage.
El Nido, island hopping en famille
El Nido, dans le nord de Palawan, est connu pour ses excursions de island hopping — des sorties en bateau d’île en île, avec des plages reculées et des lagons. Gabrielle le recommande aux familles, y compris avec des enfants jeunes. Ils ne l’ont pas intégré cette fois-ci pour préserver du temps à Palawan Camping, mais elle le conseillerait vivement pour compléter un séjour sur l’île de Palawan.
Coron, pour les plongeurs
L’île de Coron est réputée pour la plongée sous-marine. Incompatible avec l’âge des enfants cette fois, mais à garder en tête pour les familles avec des ados ou des plongeurs certifiés.
Guide pratique
- Durée de vol depuis le Canada : 25 à 30 heures avec escales. Depuis la France, estimer 15 à 20 heures avec escale.
- Décalage horaire : environ 12 heures depuis le Canada, 6 à 7 heures depuis la France.
- Formalités : passeport valide 6 mois, visa tourisme de 30 jours délivré à l’arrivée (identique pour les Canadiens et les Français). Billet de sortie du pays recommandé.
- Santé : pas de vaccin obligatoire pour les zones visitées. Gabrielle recommande de consulter une clinique voyageur, surtout pour les zones plus reculées du nord.
- Budget : environ 20 000 dollars canadiens (~12 000 euros) pour un mois à cinq, Japon et Philippines combinés. Hébergement moyen aux Philippines : 200 dollars canadiens par nuit (~120 euros) pour une famille. Nourriture peu coûteuse. Les Philippines sont un peu plus chères en hébergement que la Thaïlande ou le Vietnam.
- Objet indispensable : rien de spécifique selon Gabrielle — tout se trouve sur place.
- Assurance voyage : fortement recommandée. Au Canada, souvent incluse dans les cartes de crédit voyage.
FAQ
Les Philippines sont-elles adaptées à un voyage en famille avec de jeunes enfants ? Oui. Gabrielle y est allée avec ses trois enfants de 4, 6 et 8 ans. Le pays est accueillant, les habitants chaleureux avec les enfants, et les îles offrent des activités adaptées à tous les âges : plage, snorkeling, kayak, balades en bateau.
Quel itinéraire faire aux Philippines en deux semaines en famille ? Un itinéraire testé : commencer par Bohol (jungle, tarsiers, Chocolate Hills), puis rejoindre Palawan pour les plages et le snorkeling, et finir par un hébergement confortable à Cebu pour se reposer avant le retour. Prévoir les transferts : les déplacements entre îles se font en ferry, vol interne et bateau, et peuvent prendre une journée complète.
Palawan est-il accessible avec des enfants en bas âge ? Oui, mais il faut anticiper le transport. Depuis Puerto Princesa, compter trois heures de van puis 45 minutes de bateau pour atteindre certains hébergements côtiers. Les conditions peuvent être rudimentaires (pas d’électricité, pas d’eau chaude), ce qui convient à des familles habituées au camping ou à l’aventure.
Quel budget prévoir pour un voyage aux Philippines en famille ? Pour une famille de cinq, compter environ 120 euros par nuit d’hébergement en moyenne. La nourriture locale est peu coûteuse. Les vols internes et les transferts en bateau ajoutent un budget transport à ne pas négliger. Un mois combiné Japon-Philippines a coûté environ 12 000 euros à cette famille.
Faut-il des vaccins pour aller aux Philippines avec des enfants ? Pas de vaccin obligatoire pour les zones touristiques principales (Cebu, Bohol, Palawan). Une consultation en clinique du voyageur est recommandée, en particulier si vous prévoyez de vous rendre dans des zones plus reculées au nord du pays.
Le Podcast est sur Instagram @familleetvoyages. Vous pouvez retrouver tous les autres épisodes sur le blog, Apple Podcast, Deezer, Spotify, Podcast Addict…
N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire si l’épisode vous a aidé dans l’organisation de votre voyage ou si vous avez des questions.
À bientôt, pour un nouvel épisode.
D’ici là, prenez soin de vous, inspirez-vous et créez-vous de chouettes souvenirs en famille !
Stéphanie
Crédit music : Luk & Jo / Montage : Alice Krief






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