Famille

Le confinement positif

19 avril 2020
le confinement positif

Qui aurait crû qu’une pandémie allait mettre le monde à l’arrêt. Personne. Rien dans les horoscopes. Pas d’alerte des plus grands voyants employés par les magazines télé… De là à dire que ce ne sont que des charlatans… meuh non 🙂

Bref, nous sommes confinés depuis le 17 mars.

Il a fallu s’adapter, créer de nouvelles routines, sortir uniquement pour faire les courses…

Alors après 3 semaines d’école à la maison puis 2 semaines de vacances elles aussi à la maison, on pourrait être au bout du rouleau. En fait non, ça va.

Attention, je ne parle que de mon cas, celui d’une famille avec 2 enfants de 10 et 14 ans, dont les métiers ne sont pas dans le domaine de la santé, qui n’est pas propriétaire d’un commerce fermé depuis 5 semaines. Népoux est en télétravail pour un tour opérateur (avec toutes les incertitudes sur l’avenir du tourisme) et moi j’essaie de créer mon propre job… je travaille donc beaucoup avec un timing qui n’est pas extensible.

J’ai  donc décidé de chercher – et de trouver – les bons côtés, de voir le verre au trois quart plein, de me souvenir des choses dont je me plaignais et qui ont trouvé une réponse temporaire dans ce confinement.

Je suis sûre que nous en avons certaines en commun 🙂

 

Avant le confinement je disais

“Je ne vois pas assez mes enfants”

C’est tellement bien de rentrer tard, qu’ils aient déjà diné et qu’il reste moins d’une heure avant d’aller les coucher…
Ou quand je rentrais plus tôt, les devoirs, les “je veux pas aller faire la douche en premier”, les “j’aime pas les légumes”, les réveils à 7h le samedi matin parce qu’il y a foot…

J’en ai des caisses comme ça 😀

Combien de fois avez-vous dit que vos journées étaient trop longues ? Combien de fois avez-vous attendu les vacances avec impatience pour être 24h/24 avec vos enfants ?

Souvent et moi la première.

Avec mon métier, je voyageais beaucoup. Pas au point de passer à côté de leur enfance mais avec l’impression quand même parfois de ne pas être suffisamment là. J’ai loupé beaucoup de repas, plusieurs weekends… Je n’en étais pas malheureuse et eux non plus la plupart du temps. Mais j’avais parfois des remarques.

Depuis 5 semaines nous prenons tous nos repas ensemble. Parfois légèrement en décalé pour les petits déjeuners quand nous nous levons avant eux.

Et cela va durer au moins jusqu’au 11 mai…

Mes moments seule me manquent, surtout pour travailler au calme, mais pas au point de dire “Je vois trop mes enfants”, j’en profite autant que possible.

 

“J’en ai marre de passer mon temps dans les transports”

C’est tellement sympa cette proximité avec les gens 2 heures tous les jours !
Et les grèves et les accidents qui interrompent une ligne pendant des heures…

Le premier qui me dit que les transports lui manquent…

J’étais déjà à la maison avant le confinement suite à la liquidation de ma compagnie donc je ne prenais plus le fantastique RER B.

La grève de la RATP m’a habituée à marcher et je marchais encore pas mal sur les moyennes distances pour aller d’un endroit à un autre.

Alors oui ça me manque de marcher mais pas au point de sortir 1 heure tous les jours. Je profite des courses pour le faire et comme il manque souvent des trucs, je sors 2 à 3 fois par semaine. C’est fou.

Je ne savais pas que sortir pourrait me manquer un jour. Donc je me dis que je retrouverai ces moments avec plaisir après. Et que j’apprécierai encore plus cette liberté que je ne pensais pas ne plus avoir un jour.

 

“Je n’ai pas le temps”

J’peux pas venir ce soir, il y a une crise au bureau,
J’peux pas jouer les enfants, j’ai un dossier à finir,
J’peux pas j’ai piscine…

Avant nos journées étaient rythmées par les horaires de l’école, du travail et des activités sportives. Avec des temps de transport à prendre en compte qui réduisaient encore plus le temps passé ensemble.

Depuis le confinement je n’ai plus besoin de réveiller les Nains entre 7h pour le Grand et 7h30 pour le Petit. Réveil à 8h30 pour un début des cours à 9h15. On gagne en temps de sommeil.

Mais attention, prendre le temps ne veut pas dire ne rien faire !

Dès le premier jour, j’ai mis en place un emploi du temps pour qu’ils aient un cadre (voir mon premier article sur notre organisation pendant le confinement) et cela a très bien fonctionné pendant 3 semaines.

Ça peut paraître contradictoire avec le fait de prendre le temps mais pas du tout. Le matin est réservé au travail, l’après-midi à la détente. Après ce sont les jeux vidéo ou de société, un podcast ou une vidéo éducative… Le cadre, comme il a été validé par toute la famille, permet de ne pas avoir à réfléchir à ce qu’on va faire. Et c’est une charge mentale en moins.

Il a été un peu plus souple avec les vacances, et c’est normal, mais on est prêt à reprendre demain !

 

“J’ai la flemme d’aller faire du sport”

Oups j’ai raté ma station de métro (combien de fois je l’ai faite celle-ci).
J’ai une grosse réunion cet après-midi (quand on fait du sport entre midi et 2).
Et quand on fait du sport tard le soir : j’ai pas envie de prendre les transports à 22h… Je vais être crevée demain…

Avec tous les cours sur Instagram, Zoom, Youtube… Ces excuses ne marchent vraiment plus.

J’ai dit il y a quelques semaines que je voulais faire du yoga tous les jours… J’ai testé beaucoup de studios, j’ai suivi quelques cours sur Youtube… mais pas tous les jours même sans la contrainte d’aller au boulot.

Depuis le début du confinement, je fais une heure de yoga 6 jours sur 7. Sur Insta live (les cours de Laure Dary, Tatiana et Alex sont top, paiement sur donation), sur Youtube… C’est une heure pour moi, en fin de journée, devant la fenêtre ouverte avec vue sur l’arbre.

Népoux continue les cours de jiujitsu sur Zoom. J’ai essayé de motiver les Nains… ça n’a pas fonctionné longtemps mais ils jouent dans la cour de notre immeuble pour prendre l’air et se défouler.

On va dire que c’est suffisant pour le moment.

Au moins on n’a plus chaque semaine “Mais pourquoi je dois aller au judo, j’aime pas le judo”… Il était prévu qu’il arrête à la fin de l’année. Au moins un qui est ravi d’arrêter un sport !

 

“Non mais il exagère ce prof de mettre un mot parce que mon fils aurait été insolent”

Et pourquoi la prof de français ne donne jamais de travail ? Et comment les enfants vont-ils rattraper les cours de physiques qui n’ont pas eu lieu  au mois de novembre ? Et pourquoi il n’a que 13 alors qu’on y a passé le weekend sur cette fiche de lecture….

Là aussi j’en ai des caisses 😛

Je ne dis pas que j’adore faire les cours à la place des profs. Je ne suis pas prof. C’est un métier. Je n’ai pas leur patience, encore moins avec mes enfants.

Maintenant je sais qu’ils peuvent être chiants et que tous les mots étaient justifiés. Je sais aussi qu’on ne finira pas les programmes et je ne vais pas mettre la pression aux profs pour qu’ils donnent plus de travail.

Et je serai ravie de leur rendre mes enfants quand ce sera possible (même si ce ne sera sans doute pas le 11 mai).

En attendant je réapprends plein de trucs…

Bon beaucoup  ne me serviront toujours à rien dans mon quotidien (surtout ne pas leur dire) mais ils me servent aujourd’hui à leur expliquer à eux. Et ce n’est pas rien.

 

Niveau CM2

Je me suis aperçue que le Petit avait beaucoup de mal à se servir d’un compas. Ne riez pas, ce n’est pas si simple au début, surtout quand on n’est pas super minutieux. Et à part les matheux/scientifiques, tout le monde a arrêté les rosaces en CM2.

J’ai donc pris beaucoup (puissance 1000) de temps pour lui expliquer comment le tenir. Et lui à dire qu’il n’y arriverait jamais, que c’était nul la géométrie.

Pour ne pas le jeter par la fenêtre devenir dingue, j’ai même demandé à Népoux de prendre le relai à un moment donné. Il y a eu des cris et des larmes (oui oui) mais c’était déjà mieux le lendemain et encore mieux le jour d’après.

Depuis on fait un cercle par jour et c’est devenu presqu’un jeu d’enfant.

Et puis il y a eu un exercice dans lequel la maitresse a demandé de tracer un triangle isocèle. Il a d’abord fallu expliquer ce qu’est un triangle isocèle… On partait de loin… Il a essayé de le faire à la règle… HA HA HA. Raté. Je lui ai donc expliqué qu’il fallait utiliser le compas pour les tracer.

Je vous laisse imaginer le nouveau drame 😀

Niveau 4e

Côté Grand, on s’énerve aussi sur les maths de 4e. Il a le don soit pour poser une question sans avoir pris la peine de lire le cours soit parce qu’il pense qu’il a raison… HA HA HA bis.

Parfois je perds mon calme… Je lui ai même appris la règle de 3 avant le prof de maths parce que je n’en pouvais plus des usines à gaz pour démontrer un truc.

Ce n’est pas facile tous les jours.

Et ça le serait sans doute encore moins avec des enfants plus petits. Je fais juste de mon mieux pour qu’ils continuent d’apprendre dans de bonnes conditions dans notre petit appartement parisien.

 

“Mon job ne me plait plus / j’ai envie de créer ma boite… mais”

Je n’ai pas le temps d’y réfléchir, il faudrait que je fasse une formation, je n’y arriverai jamais…

Est-ce que c’est le bon moment de changer de travail ? Avec l’incertitude des mois à venir ?

Les situations exceptionnelles permettent à certains de trouver de nouvelles idées, à d’autres de revoir leur priorité, d’autres encore n’auront d’autre choix que de se réorienter…

Si je prends mon cas : je travaillais dans une compagnie aérienne qui a sombré en octobre dernier. Elle n’aurait de toute façon pas survécu à la pandémie. J’ai juste pris quelques mois d’avance. Mais je comptais bien retrouver un job dans le tourisme… Bon là ce n’est pas gagné.

Alors j’ai décidé de me lancer un défi : créer mon podcast. J’y travaille depuis plusieurs semaines, beaucoup, et j’y suis presque. Ça ne remplacera pas mon ancien salaire mais c’est peut-être la première brique de mon nouveau job.

 

“Il va vraiment falloir que je fasse notre itinéraire”

Pour Copenhague, il était presque prêt… Annulé le jour précédent notre départ à l’annonce de la fermeture des écoles.
Madrid annulé : nos vacances de Pâques.
Londres annulé : le weekend pour les 10 ans du Petit (sans le Grand).
le Japon en juillet : pas encore annulé mais nous n’irons pas sauf retournement de situation.

Si je les avais fait, j’aurais pris de l’avance pour l’année prochaine… Car une chose est sûre cette pandémie ne nous empêchera pas de reprendre la route quand ce sera possible, que ce soit par la terre, la mer ou les airs.

Certaines personnes disent qu’ils ne prendront plus l’avion, qu’il faut voyager autrement et à côté de chez soi. Je respecte totalement les convictions de chacun mais ceux qui donnent des leçons sur ce qu’il faut faire ou ne faire, sous couvert de “l’avion c’est mal” m’agacent au plus haut point. Sachant que ces mêmes personnes ont eu la chance (oui c’est une chance) de beaucoup voyager. Sans oublier que l’industrie la plus polluante actuellement est le textile.

Je ne dis pas qu’il faut ignorer les impacts, qu’il ne faut pas changer des choses, mais tomber dans les extrêmes n’est jamais bon. Quels qu’ils soient.

D’ailleurs un sondage, paru cette semaine dans Tour Hebdo montre que la plupart des Français continueront de voyager. Et heureusement pour l’économie, pour l’ouverture d’esprit…

“48% envisagent de partir dès cet été et 21% précisent qu’ils partiront dès la levée du confinement si les autorités sanitaires le permettent. 10% pourraient partir dès le mois d’octobre. Seuls 5% imaginent leurs prochain voyage en 2021.”

Nous allons devoir prendre notre mal en patience. Parce que si nous nous relâchons, le confinement durera plus longtemps et nous mettons nos chances de partir cet été en péril. Même en France. Parce que nous sommes bien d’accord que nous n’irons pas plus loin.

Les vacances auront, dans un premier temps en tout cas, une saveur différente, on aura envie de profiter pleinement de notre environnement. Que ce soit en France, en Europe ou à l’autre bout du monde.

 

“Je ne vois pas mes fleurs pousser”

Je prends du temps pour les planter, les arroser mais je n’en profite pas vraiment.

Il fait beau à Paris depuis le début du confinement. Cela pourrait être agaçant mais en fait c’est top pour le moral. Ouvrir les fenêtres, sentir le soleil sur son visage… C’est essentiel.

J’ai donc installé mon bureau devant la fenêtre pour profiter de chaque rayon et de la vue sur mes fleurs et les arbres de la cour. Ça me fait un bien fou et j’apprécie à sa juste valeur de ne pas être sur la rue. C’était déjà le cas en temps normal, c’est devenu précieux depuis 5 semaines.

J’ai donc suivi attentivement la pousse des feuilles du marronnier de la cour puis du muguet, des roses et de l’azalée du Japon de mes jardinières. La menthe prolifère également. Pour les autres, il va falloir que je trouve des choses à planter.

 

Et Les Nains disaient

“J’ai pas envie d’aller à l’école”

Je suis fatigué, je ne veux pas me lever.
Mais pourquoi je dois aller à l’école alors que mon frère (le collégien) n’a pas cours…

Le Petit a changé pour “ah ben non moi je ne veux pas y retourner le 11 mai”. Visiblement il n’est pas traumatisé par sa nouvelle maitresse lui 😀

Quant au Grand, je crois qu’il préfère les profs car ils sont moins sur son dos que moi. Il sera ravi d’y retourner pour les copains aussi… un jour.

 

“J’en ai marre de la cantine, c’est pas bon”

Puisque tu es là pourquoi je ne peux pas manger à la maison… HA HA HA
Avec ce qu’on paie, ils pourraient quand même faire un effort pour que ce soit meilleur.

Autant vous dire qu’ils continueront à aller à la cantine… Même si je suis à la maison.

En attendant, mon tableau excel pour les repas est plus que vital. Rapport à la charge mentale. Je tiens mon planning de plats végétariens un jour sur deux.

Alors évidemment ils préféreraient manger des steaks et des pâtes au fromage tous les jours mais non. Je m’efforce aussi de faire des plats sympa avec la viande, juste pour eux.

Et certains soirs c’est soupe ou pâtes à la sauce tomate, des trucs faciles quoi.

Dans le même registre, côté maman

“Je ne sais pas cuisiner”, “j’ai pas d’idées”, “j’aimerais bien faire mon pain moi-même”…

J’ai pris le temps d’aller chercher des recettes, de lire mes livres de cuisine et de regarder des live (celui de Cyril Lignac à 18h45 tous les jours par exemple). Visiblement je ne suis pas la seule étant donné la rupture de stock de farine et de levure un peu partout.

 

“Pourquoi je ne peux pas jouer aux jeux vidéo”

Et pourquoi il joue alors que moi je dois arrêter.
Et pourquoi on ne peut pas jouer tous les jours.
En plus ils ont dit que c’était bien de jouer aux jeux vidéo en famille à la télé (véridique).

En temps normal, les Nains jouent une heure trois jours par semaine. Parfois quatre. Dans mon premier emploi du temps, j’avais mis une heure par jour. Un moment de faiblesse 😀

J’ai réduit à cinq jours par semaine. Mais c’est toujours mon moyen de pression quand il faut les calmer.

D’ailleurs, le Grand a tenté une entourloupe en allant chercher un Ipad à minuit… Manque de pot, Népoux l’a entendu. Le couperet est tombé immédiatement : 1 semaine sans écran. Il a à peine protesté, conscient de sa bêtise. Bon il va essayer de réduire sa peine – il a déjà essayé – mais pour l’instant on tient… à peu près.

 

“Vous ne jouez jamais avec nous !”

À quoi ça sert de nous acheter des jeux de société
De toute façon vous n’avez jamais le temps.

Alors bon on jouait le mardi soir régulièrement et le weekend, de temps en temps. Les Nains n’aiment pas tout-à-fait les mêmes donc on alterne. J’avais fait la liste de leurs jeux préférés il y a quelques semaines. Je ne pensais pas qu’on s’en servirait autant à partir du 17 mars.

Au début on a beaucoup joué, puis moins. Il faut que ça reste un plaisir alors je ne force pas.

Mais c’est quand même bien cool de jouer tous ensemble.

 

“Pourquoi je ne peux pas lire encore un peu ?”

Parce que demain tu te lèves tôt, demain y’a école.

Alors il y a toujours école mais ils se lèvent moins tôt. Le Petit enchaine les Guerres des Clans dès qu’il a 5 minutes. Et même plusieurs heures pendant les vacances. Sur tous les supports. Le Grand doit composer entre ses livres et la Symphonie Pastorale pour la rentrée… Moins sympa.

 

 

Et vous, vous avez trouvé du positif dans votre confinement  ?

Soyons clairs, cette pandémie est grave. Mon propos n’est pas de la minimiser. Juste de dire que quand on n’est pas malade, il est possible et largement conseillé de voir le verre à moitié plein.

Est-ce que cela ira mieux si je me dis tous les jours que j’en ai marre ? Non.

Est-ce qu’il y aura un autre moment dans ma vie où je serais 24h/24 avec ma famille pendant 2 mois ? J’espère que non 🙂 . Pas parce que c’est insupportable mais parce qu’une pandémie c’est suffisant.

Est-ce que cela va nous empêcher de prendre l’avion à l’avenir ? Certainement pas.

Beaucoup de choses sont possibles avec un peu d’organisation et de lâcher prise. Il faut parfois juste s’arrêter pour les voir.

On se reparle le 11 mai 😀

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Prenez soin de vous. Restez chez vous.

 

Stéphanie

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